Le tambourin à 13 cordes a-t-il réellement existé ?


Le tambourin à cordes est souvent associé à une tradition populaire et à un rôle de bourdon rythmique. Aujourd’hui, il apparaît sous différentes appellations, comme le tambour de Béarn, le tambourin gascon ou le ttun-ttun. Par ailleurs, certains documents anciens montrent qu’il s’agit d’un instrument pensé, accordé et pratiqué avec méthode, au cœur d’un langage musical.

 

Parmi ces sources, le recueil « Six Sonates, en duo, pour le tambourin avec un violon seul », par M. Lavallière, milieu XVIIIᵉ siècle est particulièrement intéressant, car il ne propose pas seulement des sonates : il s’accompagne d’un texte pédagogique qui aborde l’étendue de la flûte à trois trous (le « flûtet ») et l’accord du tambourin à six et treize cordes.

 

 

Sur cette page, vous trouverez le document à disposition en téléchargement et j’en propose une présentation avec l’œil d’un artisan pour donner quelques repères concrets à celles et ceux qui découvrent l’instrument et mettre en lumière la version à 13 cordes, plus rare, mais clairement mentionnée dans une source écrite.


Six Sonates, en duo, pour le tambourin avec un violon seul


Ce que ce recueil apporte à l’histoire du tambourin à cordes

Ce texte de 1749 relie un répertoire écrit et des indications concrètes sur la pratique du tambourin à cordes.

 

  • Il mentionne l’accord du tambourin à six cordes et à treize cordes.

  • Il présente différentes façons de battre le tambourin à six cordes.


Tambourin à 6 cordes : ce que décrit le document

Le tambourin à six cordes y apparaît comme un instrument accordé de manière simple, destiné à soutenir une tonalité par un bourdon rythmique.

L’auteur décrit des accords fondés sur des intervalles faciles à organiser :

  • des accords par quarte ou par quinte et dans un cas, la fondamentale, sa quinte et son octave.

  • Il donne également des repères de jeu.


Tambourin à 13 cordes : une autre logique d’accord

Quand le texte aborde le tambourin à 13 cordes, on s’éloigne du rôle de simple instrument de bourdon dans un accord pour entrer dans une logique d’accord plus structurée où interviennent notamment la tierce et l’idée de modulation.

 

Il est également précisé que cette pratique demande une vraie compréhension de l’harmonie afin de choisir des accords cohérents avec les changements de tonalité. Autrement dit, le 13 cordes ouvre un champ plus large, mais il suppose une approche plus musicale que purement rythmique.


À côté de cette source écrite, j’ai eu la chance d’étudier et de mesurer, le 31 mars 2014, un tambourin conservé à la Cité de la musique (Paris). Sur la vue d’ensemble, l’instrument comporte aujourd’hui six cordes.

En regardant à l’intérieur, dans la caisse de résonance, on distingue nettement treize anciens trous rebouchés, qui témoignent sans ambiguïté d’une configuration d’origine à 13 cordes.

À ma connaissance, c’est l’un des premiers éléments matériels permettant d’affirmer concrètement que le tambourin à 13 cordes a bien existé.



Conclusion 

Au-delà de la question historique, ce qui ressort surtout, c’est l’intérêt musical de cette configuration. Le 13 cordes a bien existé et ouvre une manière complémentaire d’entendre le tambourin à cordes. Cet instrument ne se limite pas au rythme, il invite aussi à penser l’accord, la couleur et l’accompagnement.

 

 

Et cet héritage reste vivant. Les demandes actuelles ont permis d’aller vers un jeu et une palette sonore plus complets, notamment avec le tambourin à cordes Ténor Symphonique et le tambourin à cordes Basse Symphonique, conçus en réponse aux besoins des musiciennes et musiciens d’aujourd’hui.


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  • Fichier PDF : « Six Sonates, en duo, pour le tambourin avec un violon seul » (M. Lavallière)

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Six Sonates, en duo, pour le tambourin,
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